Piratage : pourquoi un tribunal indien a pu obtenir la suspension mondiale de centaines de sites
La Justice indienne, en collaboration avec l'industrie cinématographique, a intensifié ses efforts contre le piratage. Suite à une requête conjointe d'Universal City Studios, de la Motion Picture Association et de plusieurs organisations sud-coréennes,…
La Justice indienne, en collaboration avec l'industrie cinématographique, a intensifié ses efforts contre le piratage. Suite à une requête conjointe d'Universal City Studios, de la Motion Picture Association et de plusieurs organisations sud-coréennes, la Haute Cour de Delhi a émis une injonction autorisant la suspension de nombreux noms de domaine à l'échelle mondiale.
En conséquence, 248 domaines identifiés dans la plainte doivent être bloqués immédiatement par les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) indiens. Ce blocage s'étend également à tous les miroirs et autres redirections qui pourraient permettre de contourner ces restrictions.
Du blocage local à la coupure mondiale
Le verdict va au-delà du simple blocage local. Il demande également aux registres et registrars de fermer complètement l'accès à ces sites. Les registres gèrent les domaines de premier niveau comme .com, .net, ou .fr, et maintiennent les bases de données qui lient chaque nom de domaine à son propriétaire. Les registrars agissent comme intermédiaires, contrôlant et vendant les noms de domaine.
En ciblant ces éléments clés de l'infrastructure web, le tribunal vise à éliminer complètement la source des sites pirates, en coupant la connexion entre leurs noms de domaine et les serveurs hébergeant leurs données.
La Justice indienne, en collaboration avec l'industrie cinématographique, a intensifié ses efforts contre le piratage.
Bien que le tribunal indien n'ait pas d'autorité juridique directe sur les entités étrangères, celles-ci opèrent globalement et pourraient choisir de se conformer volontairement pour éviter des conflits juridiques ou commerciaux futurs.
Plusieurs grands registrars, dont Namecheap, Spaceship, NameSilo et Porkbun, ont déjà désactivé plus d'une quarantaine de domaines et se sont engagés à fournir des informations sur les opérateurs de ces plateformes, ce qui pourrait mener à d'autres actions légales.
Cette décision pourrait établir un précédent significatif dans la lutte contre le piratage. Elle pourrait rendre la réapparition de ces sites plus difficile, bien que cette approche soulève également des questions éthiques concernant la liberté d'information.
En sollicitant directement des acteurs clés de l'infrastructure web mondiale, la Haute Cour de Delhi a potentiellement créé un précédent qui pourrait être invoqué pour d'autres raisons, soulevant des préoccupations autour de la souveraineté numérique et de la neutralité d'Internet.
D’après Journal du Geek.

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