« Notre fusée se consume comme une bougie » : Alpha Impulsion, la pépite française qui veut court-circuiter SpaceX
Le constat est sans appel. Entre 2020 et 2025, l’Europe a multiplié les usines de satellites ultra-modernes mais reste incapable de les envoyer elle-même en orbite : 88 % des nanosatellites européens ont été lancés par des fusées étrangères. Une…
Le constat est sans appel. Entre 2020 et 2025, l’Europe a multiplié les usines de satellites ultra-modernes mais reste incapable de les envoyer elle-même en orbite : 88 % des nanosatellites européens ont été lancés par des fusées étrangères. Une dépendance qui coûte cher, d’autant que le leader du marché, SpaceX, commence à faire grimper ses tarifs, augmentant le prix de son emblématique Falcon 9 de 70 à 74 millions de dollars.
Faire plus avec moins : le principe de la « fusée-bougie »
Alpha Impulsion, fondée à Toulouse en 2022, a décidé de « court-circuiter » le modèle actuel. Au lieu de copier la réutilisabilité, la startup propose de supprimer ce qui pèse lourd et coûte cher : les réservoirs. La solution est simple sur le papier : supprimer les réservoirs et utiliser le carburant sous forme solide pour constituer la structure même de la fusée. Le fuselage de la fusée est constitué de carburant, un polymère, du polyéthylène.
Cette technologie, qui a fait l'objet d'un dépôt de brevet dès la création de l'entreprise en 2022, est comparée à une bougie : « La fusée est rétrécie au cours du vol. Littéralement, elle s’auto-consume, s’auto-dévore ». Concrètement, elle brûle sa propre carrosserie, ce qui permet de diviser la masse au décollage par deux et de réduire les débris spatiaux.
Au-delà de la prouesse technique, l'enjeu est avant tout économique. Sur un marché dominé par SpaceX, Alpha Impulsion veut gagner par la sobriété. Selon les estimations, les coûts de lancement sont divisés par six par rapport aux fusées classiques. Là où une fusée traditionnelle exige des systèmes de séparation d'étages coûteux, le lanceur autophage est d'une sobriété radicale. Pour un opérateur de satellites, la promesse est une réduction de 40 % de la facture finale.
Entre 2020 et 2025, l’Europe a multiplié les usines de satellites ultra-modernes mais reste incapable de les envoyer elle-même en orbite : 88 % des nanosatellites européens ont été lancés par des fusées étrangères.
En mai 2025, après trois ans de recherche avec le soutien du CNES, Alpha Impulsion a réussi l'allumage de son premier moteur à petite échelle, prouvant ainsi la viabilité du concept. La stratégie commerciale s'articule autour de deux axes : un micro-lanceur baptisé Garnet, avec une cible de 50 lancements par an d'ici à 2040, et Opal, un moteur autophage destiné directement aux satellites pour leur mobilité orbitale.
Le but est d'atteindre rapidement des systèmes opérationnels sur des clients privés. Opal permet aux satellites de se déplacer avec une efficacité inédite. La startup travaille déjà avec l’entreprise britannique Meridian Space Command sur une mission lunaire, ce qui pourrait s’avérer crucial pour acquérir le précieux « Flight Heritage ».
Avec des bureaux à Toulouse pour la conception et une filiale en Italie dédiée à la combustion, Alpha Impulsion est impliquée dans les enjeux de souveraineté européenne. L’entreprise, qui a remporté un prix d’innovation de 950 000 euros de l’Union européenne, est en phase de recrutement massif pour faire de la propulsion autophage un standard plus propre, moins cher et plus agile.
Alpha Impulsion développe la propulsion « autophage », une technologie brevetée où la fusée consomme son propre fuselage comme carburant. Cette innovation permet de supprimer les réservoirs vides, de diviser les coûts de lancement par six et d'éliminer les débris spatiaux. Portée par un prix européen de 950 000 euros, la startup prépare le moteur Opal avant le déploiement de son micro-lanceur Garnet.
D’après Presse-citron.

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