L’Algérie considère que la résolution de l’Assemblée nationale dénonçant l’accord migratoire de 1968 est pour l’instant une « affaire franco-française »
Le ministre algérien des affaires étrangères, Ahmed Attaf, au siège des Nations Unies, à New York, le 20 janvier 2025. KENA BETANCUR/AFP Le ministre des affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, a réagi, dimanche 2 novembre, à l’adoption, quelques jours…
Le ministre algérien des affaires étrangères, Ahmed Attaf, au siège des Nations Unies, à New York, le 20 janvier 2025. KENA BETANCUR/AFP Le ministre des affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, a réagi, dimanche 2 novembre, à l’adoption, quelques jours plus tôt, à l’Assemblée nationale française d’ qui institue un régime spécifique pour les Algériens en France. « C’est attristant de voir un pays aussi grand que la France faire de l’histoire d’un autre pays, indépendant, souverain, l’objet d’une compétition électorale anticipée » , a dit M. Attaf dans un entretien à la chaîne d’information algérienne AL24.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le vote de l’Assemblée pour « dénoncer » l’accord migratoire de 1968, un nouvel obstacle à l’apaisement entre la France et l’Algérie Lire plus tard « Très sincèrement, j’ai beaucoup de respect pour l’Assemblée nationale française, mais lorsque j’ai vu ce vote (…), la première pensée qui m’est venue à l’esprit [a été] “la course à l’échalote se poursuit” » , a-t-il déclaré.
Jeudi, les députés français ont adopté une proposition de résolution du Rassemblement national (RN) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, dans un geste symbolique. Ce texte, non contraignant, a été adopté à une majorité d’une voix par l’Assemblée grâce à l’appui de députés des partis de droite Les Républicains et Horizons.
« Sur le fond, cette affaire est une affaire entre l’Assemblée nationale française et le gouvernement français. C’est une affaire intérieure, c’est une affaire franco-française. Elle ne nous concerne pas pour le moment » , a rappelé le chef de la diplomatie algérienne.
Le ministre algérien des affaires étrangères, Ahmed Attaf, au siège des Nations Unies, à New York, le 20 janvier 2025.
M. Attaf a toutefois précisé qu’ « elle pourrait nous concerner si ça devient une affaire de gouvernement à gouvernement parce que l’accord de 1968 est un accord intergouvernemental. C’est un accord international et le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc sur le fond nous ne réagissons pas. » « Nous n’avons rien vu venir et nous espérons ne rien voir venir » , a conclu le ministre algérien.
Lire aussi | Laurent Nuñez met en garde contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie, après la dénonciation de l’accord migratoire de 1968 Lire plus tard Cet accord, , crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de trois mois en France et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour dix ans, y compris dans le cadre du regroupement familial.
Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique, à la suite de la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Sahara occidental : le Maroc obtient une victoire diplomatique à l’ONU Lire plus tard Le Monde avec AFP L’espace des contributions est réservé aux abonnés. Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion. S’abonner Réutiliser ce contenu
D’après Le Monde.

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